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2010-04-03 21:54:40

Dans la balance de l'opinion publique en ce moment, le dévouement sans taches de l'immense majorité des prêtres, des religieuses et des religieux, ne pèse rien par rapport aux perversions de quelques-uns, une infime minorité.

Il est vrai que le public rend un hommage indirect à l'Église en exigeant de son clergé une perfection qu'il n'exige pas de lui-même à ce degré. Ce n'est hélas! pas cet hommage que ressentent les membres de ce clergé, c'est l'outrage. Plusieurs se sentent marqués au fer rouge de l'infamie et n'osent plus se rapprocher d'un enfant. Pauvres de nous, humains que nous sommes, si nous devions porter le stigmate des crimes commis par tous nos frères! Il y a démesure dans cette déferlante de haine contre les représentants de l'Église catholique, dans un contexte où le tourisme sexuel, touchant aussi bien les enfants que les adultes, jouit d'une étonnante immunité.

L'heure est venue de rétablir l'équilibre en remerciant l'immense majorité des membres du clergé de leur générosité. Ce n'est pas là une question de foi, de fidélité à l'Église ni de solidarité entre chrétiens. C'est un devoir de justice, une manifestation de solidarité humaine. Si on tolère que les représentants innocents de l'Église soient aujourd'hui marqués d'infamie, à qui un tel sort sera-t-il réservé demain?

Comments

Je dois dire en toute candeur que je n'ai jamais dans ma vie expérimenté ou eu...

Posted 2010-04-19 10:46:58
Je dois dire en toute candeur que je n'ai jamais dans ma vie expérimenté ou eu sous les yeux d'exemples de comportement douteux de la part de prêtres ou d'autres religieux.

Cela dit je dois constater que les personnes qui ont été agressées en ont gardé des marques apparemment indélébiles. Cela aussi il faut le comprendre et à cela aussi il faut être vraiment sensible.

Les religieux que j'ai connus ne méritent pas d'être lapidés sur la place publique et ils ne doivent pas porter les conséquences des gestes odieux de ceux qui les ont commis. Mais l'Église a un devoir, celui de reconnaître pleinement l'horreur des gestes passés. Autrement les sparages et reconnaissnces officielles de l'Église ne sont que verbiage superficiel.

Dans sa présentation des aphorismes des pères du désert le père Thomas Merton écrit ceci : «Les ermites coptes, qui abandonnèrent le monde comme on abandonne un navire en perdition, n’avaient pas seulement l’intention de se sauver. Il savaient qu’ils étaient impuissants à faire du bien aux autres tant qu’ils restaient à se débattre au milieu des épaves…».

Puis il ajoute: «Mais notre monde est différent du leur. Nous y sommes davantage mêlés. Le danger que nous courons est plus terrible. Nous avons peut-être moins de temps que nous le pensons.»

En effet...

Voyez-vous... peu après avoir écrit mes mots, ils furent effacés... car...

Katia Bellisle
Posted 2010-04-19 05:28:31
Voyez-vous... peu après avoir écrit mes mots, ils furent effacés... car personne n'accepte la vérité. Je reviens après quelques jours, mais plus rien n'est écrit de ce que j'ai partagé. Alors, je serais concise... chaque parole ici écrites, ne vaut pas la peine de l'être, car la pensée n'est aucunement ouverte contrairement à ce que je croyais. La victimité religieuse... jusqu'à trépas, n'est-ce pas ?

Notre bercail manque déjà de bergers ; ne lapidons pas ceux qu'il nous...

Danielle Fisch
Posted 2010-04-12 07:54:47
Notre bercail manque déjà de bergers ; ne lapidons pas ceux qu'il nous reste...

je suis d'accord avec vous et j'appuie votre opinion. Annie Grandmont La...

annie grandmont
Posted 2010-04-06 13:16:27
je suis d'accord avec vous et j'appuie votre opinion.
Annie Grandmont
La Corne,Abitibi.P,Q.

Unique Jacques Dufresne, vous avez le don d'intervenir au bon moment, pour la...

Benoît Lemaire
Posted 2010-04-05 17:32:16
Unique Jacques Dufresne, vous avez le don d'intervenir au bon moment, pour la bonne cause et de la bonne manière. Bel hommage aux prêtres, religieux et religieuses fidèles en ce temps de tempête médiatique incontrôlable. Qui peut être de désaccord avec votre texte faisant appel au sens de la justice.
Benoît Lemaire

La pédophilie et les modalités de la gestion de crise ne sont-elles pas le fait...

Eric Volant
Posted 2010-04-05 15:59:04
La pédophilie et les modalités de la gestion de crise ne sont-elles pas le fait et le reflet d’une Église d’hommes? Si les femmes avaient joué un rôle plus prépondérant dans la gérance de l’Église, les choses se seraient passées tout autrement. Elles auraient été plus sensibles aux effets de la pédophilie sur les enfants, plus sévères pour les évêques et les prêtres dans leurs façons d’intervenir. Cela n’empêche pas qu’il y a des bons prêtres et des bons laïcs chrétiens parmi les hommes dont on peut apprécier la qualité d’âme et d’esprit sans en faire pourtant des héros, mais des simples serviteurs de leur devoir. Ils ne devront pas se considérer comme des victimes, mais prendre la parole et intervenir en connaissance de cause, car il y a des psychiatres et autres experts ici au Québec capables de les informer et de les faire comprendre le phénomène de la pédophilie afin qu’ils puissent à leur tour briser le silence et d'en parler de manière adéquate et appropriée au peuple et à leurs évêques.
Éric Volant 05.04.10

La communauté religieuse victime de son Eglise. Certes votre commentaire est...

J-P Proulx
Posted 2010-04-04 17:41:23

La communauté religieuse victime de son Eglise. Certes votre commentaire est bien-fondé. Mais, mis à part les monstrueux moyens actuels d'information, la réaction publique lapidaire ne change point au fil des millénaires. Simplement est-elle hyperamplifiée par ''boucle continue'', sans censeur, ni modérateur, pour équilibrer les pages titres 50-50% et autres médiums. Compte tenu de ce que fut l'Église toute puissante, de la succesion de récits et de l'ampleur du problème pédophile révélé depuis quelque temps, ici comme ailleurs, et qui nous fait remonter jusqu'à 50 ans en arrière, comment à prime abord ne pas épargner tous les membres muets d'une culture interne du silence et du protectorat de criminels d'habitude ? Chez nous, l'abuseur du faible innocent enflamme la répulsion et la haine sous-jacentes à chacun, commandant vengeance primaire au bûcher et jugement généralisé pour une nouvelle chasse aus sorcières. Certes, justice aux innocents, victimes de cette dérive. Mais ce qui est exacerbant, à la longue et qui perdure, c'est la coupure continue du gouvernement pontifical et de ses archaiques institutions avec nos réalités contemporaines. Ainsi, la soumission ''aveugle'' de tous ses représentants répugne à l'individu dit ''libre'', lequel y voit souvent l'entretien d'une culture du silence. Justice ? Oui, pour tous. Prions pour que tous les simples religieux s'unissent pour réclamer haut et fort, par manifestations publiques de même nature que celles utilisées par les mouvements citoyens, justice civile et religieuse. Il leur appartient de briser leur propre souffrance et nous leur tendons la main, vous et moi. Briser leur loi du silence, leur permettre la parole, sain début de leur catharsis. Prêcher par l'agir à l'aide d'outils universels tels l'éthique, la déontologie, la justice civile. C'est par démonstration et émancipation que la base saura révolutionner son Eglise et reprendre une Juste place dans ce monde de dérive et de misère. L'Eglise à tant à faire alors qu'elle s'obstine et maintient moult dogmes qui insultent l'intelligence et la dignité. C'est là son péché capital. L'actuelle souffrante injustice de ses membres n'étant qu'un parmi tellement d'autres dommages collatéraux qu'Elle inflige par raison d'Etat. Que courage soit à ces hommes et femmes de bonne volonté et de Foi sincère. Jean-Pierre Proulx. Montréal. 10 04 04.

Reply:

Merci de ce témoignage de solidarité. J'aimerais pouvoir un jour prochain poursuivre le dialogue sur chacun des points que vous avez soulevés. Pour l'instant, je suis encore sous le choc des grands titres du Devoir de samedi dernier. La fin de l'Église au Québec? Un fait divers! Appuyé sur des faits tout de même! Certains s'en inquiètent, d'autres s'en réjouissent ou sont indifférents.Comme si cette Église qui nous a faits et qui devrait au moins recevoir sa part du respect que nous inspirons nous-mêmes, avait moins d'importance qu'une mauvaise herbe en voie de disparition. Et ce sort est réservé à la religion du Dieu incarné à un moment de l'histoire où l'humanité n'a jamais eu à ce point besoin d'incarnation. Les controverses, dont je reconnais pourtant la nécessité, me paraissent hors saison dans un pareil contexte. Je ne parviens pas à détourner mon esprit de ce poème de Louis Bouilhet sur la fin du paganisme: La colombe.

Le poète y présente la fin du paganisme, un paganisme devenu plus attachant en raison même de sa fragilité, sous la forme d'un prélude à la fin du christianisme; comme si les religions étaient toutes, sans distinction, aussi mortelles que les civilisations. Sans distinction? Triste fatalité! Car qui n'a pas choisi ou rechoisi sa religion avec la conviction qu'elle contient un ferment d'éternité dont les hommes seraient privés si elle venait à disparaître? La seule religion durable serait donc ce millénarisme, cette création du paradis sur terre par la science et la technique qui risque de nous transformer en cyborgs sous prétexte de nous rendre immortels en ce monde

La colombe

La religion du Christ vient de conquérir Rome, les esclaves d'hier sont devenus les maîtres, mais la mort des dieux ne laissent pas tout le monde indifférent:

«Un seul homme, debout contre la destinée,
Osa, dans leur détresse, avoir pitié des dieux.»

Cet homme, on croit reconnaître l'empereur Julien, rêvant de reconstruire les temples en ruines, les visitait un à un, jusqu'à ce qu'il ait cette vision:

«Cela se rapprochait et sonnait sur les dalles.
C'était un grand vieillard qui pleurait en chemin,
Courbé, maigre, en haillons, et traînant ses sandales,
Une tiare au front, une lampe à la main.

Il cachait sous sa robe une blanche colombe ;
Dernier prêtre des dieux, il apportait encor
Sur le dernier autel la dernière hécatombe...
Et l'empereur pleura, - car son rêve était mort !»

À la fin du poème, le narrateur présente ainsi au Christ ce qui lui semble être l'avenir de son Église :

«Tu connaîtras aussi, ployé sous l'anathème,
La désaffection des peuples et des rois,
Si pauvre et si perdu que tu n'auras plus même,
Pour t'y coucher en paix, la largeur de ta croix !»

La perte serait double, car la religion du Christ a intégré une bonne partie de la tradition païenne.

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Jacques Dufresne est éditeur de L'Encyclopédie de L'Agora. Fondateur de la revue Critère, chroniqueur à La Presse et au Devoir pendant de nombreuses années, il a organisé des colloques et des débats qui ont laissé leur empreinte sur la société québécoise. [Suite...]

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Commentaires

marcouxceline
2010-06-13 20:06:02
E LVIRE LAPLANCHE
2010-06-06 14:23:50
Ginette Provost
2010-05-21 13:06:33
2010-04-19 10:46:58
Katia Bellisle
2010-04-19 05:28:31
Danielle Fisch
2010-04-12 07:54:47
annie grandmont
2010-04-06 13:16:27
Benoît Lemaire
2010-04-05 17:32:16
Eric Volant
2010-04-05 15:59:04
J-P Proulx
2010-04-04 17:41:23
Christian Duclos
2010-03-24 07:24:53